"Le domaine"

Le domaine, Jo Witek, 
éd. Actes Sud, dès 15 ans.


Gabriel, adolescent calme et solitaire, accompagne sa mère, embauchée durant l'été comme aide cuisinière chez le Comte et la Comtesse de La Guillardière. Gabriel a accepté car c'est pour payer ses études que sa mère travaillera comme "subalterne". Il a accepté aussi et surtout parce que la magnifique demeure familiale se situe dans un immense domaine avec lac, marais, landes et forêt et que l'adolescent de 16 ans est passionné d'ornithologie. La scène d'ouverture, celle de leur arrivée et de "l'assassinat" de la chevêche d'Athéna, petite chouette faisant partie des espèces protégées, donne le ton à tout le roman et nous laisse présager d'un drame plus grand et sans doute tout aussi violent, incompréhensible et absurde.Le décor et les personnages sont plantés et l'atmosphère est immédiatement lourde et malsaine. Gabriel observe les rapports humains dont il est témoin avec révolte et dégoût, et trouve refuge dans la nature, jusqu'au jour où... les petits-enfants des châtelains arrivent pour passer les vacances. Parmi eux, Eléonore, grands yeux verts, attirante, instable, inaccessible. Gabriel en tombe tout de suite amoureux fou mais elle fait partie d'un monde qui n'est pas le sien et dont il ne détiendra jamais les codes. L'adolescent hors normes par rapport aux jeunes de son temps, se transforme en pro d'éthologie humaine observant l'objet de son obsession comme il étudierait un oiseau rare, se cachant, prenant des notes, des photos, volant des instants intimes. Le lecteur est dans la tête du personnage principal et le suit dans ses ressentis et sa folie. Mais le roman de Jo Witek est bien un thriller psychologique et la première "claque" arrive, de celle qui font sursauter "Mince, qu'est-ce qui s'est passé?". On essaie de comprendre, on mène l'enquête, on pratique des flash back mentaux, on essaie de deviner entre les lignes et puis paf!, deuxième "claque" et on referme la dernière page atterré, pantelant avec un goût amer en bouche...

Au fil des pages:

L'homme au chapeau avait rompu la stupeur générale en recueillant avec respect le cadavre de l'oiseau. Il le caressait de ses mains de géant, tendrement, tentant de remettre un peu d'amour dans ses plumes ensanglantées. Mais il était trop tard, la chouette était morte.
...
- Très bien, Nous n'allions pas passer la journée la-dessus.
Personne ne remarqua le regard du jardinier à la réaction de la comtesse. Personne d'autre que Gabriel. Un regard meurtrier. Un regard qui juge, condamne et poignarde. Un regard qui hurle: "Bande de salopards, bande de connards!" Le jardinier déploya l'une des longues ailes de l'animal pour admirer une dernière fois sa beauté qu'on venait de bousiller d'un coup de poêle à frire.

"Esther"

Esther, Sharon E. McKay, 
éd. L'école des loisirs, dès 15 ans.


Nous sommes en 1738, à Québec, en Nouvelle-France, une colonie française catholique. On présente à l'intendant Hocquart un jeune homme nommé Jacques La Fargue. Celui-ci a été trouvé à bord du navire Saint-Michel en possession d'un petit portrait original du roi Louis XV, ensserré dans un cadre en or. Une telle richesse, de la valeur d'une belle demeure, ne peut se retrouver entre les mains d'un jeune matelot même si celui-ci a belle figure et des manières délicates. Est-il un voleur? Il prétend que non, qu'il s'agit là d'un cadeau. Foutaise! Serait-il juif? Le jeune homme ne répond pas. Facile à vérifier: déculotte-toi! Ce que l'intendant Hocquart découvre le laisse sans voix. Juif, oui... ou plutôt juive! Une femelle juive travestie en homme, en Nouvelle-France, au XVIIIème siècle! Extraordinaire, inconcevable, criminel! Depuis combien de temps porte-elle un tel accoutrement? Depuis ses quatorze ans. Trois ans! Comment est-ce possible? Avant de décider ce qu'il va faire d'elle, Gilles Hocquart veut savoir et Esther, car tel est son vrai nom, est fatiguée de mentir. Pendant toute la nuit, elle va se livrer, va raconter comment une jeune fille juive (double prison à cette époque) promise à un mariage forcé, va conquérir sa liberté. 
Un roman extraordinaire, merveilleusement écrit et admirablement documenté bien que sans lourdeur. Une plongée dans toutes les couches de la société de l'époque, de la plus humble à la plus élévée, et dans différents milieux: le ghetto juif intra muros de Saint-Esprit, les cuisines d'une grande maison aristocratique de Biarritz, les salons d'une courtisane, la vie à bord d'un navire et celle des marins lors des escales dans les port, les secrets d'un couvent près de Nantes, la paille suintante des cachots... Comme nous découvrons ces différents mondes à travers les yeux d'Esther qui n'a rien connu d'autre que les murs de sa petite maison familiale, qui s'étonne  et s'interroge sur tout ce qu'elle voit, nous avons accès à des détails qu'un regard blazé ne remarquerait pas. Aucun roman historique ne m'a autant donné cette sensation de découvrir une période avec une telle véracité et à travers tous les sens, la vue, bien sûr, mais aussi le toucher, le goût et l'odorat. On a vraiment l'impression de rentrer dans l'intimité de ce siècle. La vie des gentils en perruques n'est pas enjolivée, celle des crottés et de leur misère n'est pas édulcorée. Certaines scènes sont hallucinantes et changeront à jamais la vision que j'avais de l'âge classique: le dîner "en toute simplicité" des gens de la haute chez Catherine, les latrines du port de La Rochelle et la découverte du négrier, le cachot de la prison de Noisel, les croyances absurdes sur les juifs jusque dans les comptines pour enfants et jusque dans le Nouveau Monde. 
Un destin de femme exceptionnel, la quête d'une indépendance et d'une liberté dans un siècle qui n'en laissait aucune au "sexe faible", une aventure romanesque qui nous fait saluer l'imagination de l'auteure... Sauf qu'Esther Brandeau a vraiment existé!

"Songe à la douceur"

Songe à la douceur
Clémentine Beauvais, 
éd. Sarbacane, dès 15 ans.


J'imagine aisément la tête que fit l'éditeur lorsque la fraîche et belle comme un coeur Clémentine Beauvais laissa sortir de ses lèvres la proposition allèchante suivante: "Je vais adapter Eugène Oneguine, tu sais le roman russe terriblement romantico-dramatique du XIXème siècle et pour rendre hommage aux tétramètres iambiques d'Alexandre Pouchkine, je vais l'écrire en vers libres"... Tout éditeur normalement constitué aurait dit "Euhhh, oui... mais non!" et bien pas celui-ci! Celui-ci se hazarda témérairement à dire "Oui" à l'auteure! Peut-être était-il encore tourneboulé par le succès retentissant des Petites Reines, le roman aux cinq prix littéraires? Qui sait? En tout cas, grand bien lui fit car me voici tombée en amour pour un roman d'amour où l'amour se cache, se nie, s'effleure, s'imagine, se rate, se manque, se retrouve, s'éprouve et se perd... ou non. 
L'histoire adaptée librement, se passe aujourd'hui à l'heure où l'on s'écrit avec les pouces et où la plume d'oie est tomblée dans l'oubli. Clémentine utilise un style en coq à l'âne: la narratrice raconte puis le personnage parle et pense pendant le discours de cette dernière, comme dans la scène du marché aux bestiaux dans Madame Bovary où deux univers se téléscopent, et ce désordre se marque dans la mise en page où les mots semblent trébucher, sauter des espaces, se perdre. Le style peut se faire aussi cinématograhique avec des arrêts sur image et des voix off (un petit air d'Amélie Poulain), des fondus au noir. L'auteure se pose en observatrice, en spectatrice de la vie de ses personnages, elle s'adresse au lecteur, crée une complicité avec lui. Son style colle côte à côte le théâtrale, le romanesque, le poétique, les envolées lyriques, le langage courant et le trivial qui inattendu, étonne, charme, donne un rythme unique. L'alexandrin côtoie l'humour, le vers se fait Apollinaire comme lors de ce passage succulent où la vie de Tatiana bascule à cause d'une fine ligne de poils bruns!

À force de nous raconter, à nous seuls, son Eugène et sa Tatiana, on finit par devenir intime avec l'auteur, on finit par se tutoyer. Quant à ses personnages, elle finit par leur parler, s'adresser directement à eux. Elle prend également soin de nous, son lecteur, nous prévient d'un flash back, nous emmène par la main. Puis, l'auteure passe de témoin de ses personnages à présente au moment du drame, avec des "je l'aime beaucoup à ce moment-là" ou des "c'est comme ça que je me souviens de lui". L'auteure devient personnage elle-même. 
On arrive alors à un interrogatoire auteur-personnage, Clémentine Beauvais prend directement à parti Eugène et le roman se fait pièce de théâtre à deux voix., et elle nous implique dans ce dialogue, nous oblige à être témoin: "Je n'insinue rien. Je te demande de nous expliquer", lui dit-t-elle. Puis plus loin, "Il a les yeux baissés. Je vais le laisser tranquille". Plus on avance, plus les limites entre auteur, lecteur, personnages se brouillent, entre fictif et réalité se diluent. Il m'est arrivé de penser "Ha, purée, en fait elle le connaissait vraiment!" avant de me rappeler à l'ordre "Florence, on te perd!! C'est un roman, tu te rappelles, auteur, personnage, lecteur... tout ça!". 
Tout au long du roman des écrivains sont venus me susurrer à l'oreille, Racine, Flaubert, Apollinaire, Boris Vian, Rimbaud... mais pas que, des scénaristes de films aussi et des paroliers, des compositeurs. Comme si Clémentine Beauvais avait réussi l'exploit d'écrire un roman qui renfermerait toutes les littératures en une. Non, tous les arts en un!

"L'ours qui n'était pas là"

L'ours qui n'était pas là,
Oren Lavie & Wolf Erlbruch, 
éd. La Joie de Lire, dès 5 ans.


Comme tout le monde le sait, l'essence même d'un ours c'est la gratouille. Quoi de plus logique donc, que notre histoire d'ours commence par là: 

"Il était une fois une gratouille. 
Ce n'était pas une grosse gratouille.
Ce n'était pas une petite gratouille.
C'était une moyenne gratouille. 
Et cette gratouille voulait se gratter.
...
Un peu plus tard, environ un quart d'heure
après Il était une fois, la gratouille vit un arbre, 
et elle  alla se gratter contre lui"

J'sais pas vous, mais moi, déjà rien que ce début, je suis conquise, fondue de tendresse pour ce livre!
Donc, la gratouille grandit, devient un ours et cet ours se demande s'il est bien lui, s'il est tout seul et si c'est le cas, s'il est le premier ou le dernier. Il se demande si la forêt pousse quand il ne regarde pas, il écoute les silences...


Il fait des rencontres, la Vache Complaisante, le Lézard Paresseux, le Pingouin Pénultième, l'Arbre-Boussole et la Tortue-Taxi. Grâce à eux, l'ours fraîchement né en apprend un peu plus sur lui-même et sa manière si poétique, positive et confiante d'envisager le monde qui l'entoure.



"- Et où vas-tu?
- Je veux... voyons... je veux aller En avant.
- Je sais où c'est, dit la Tortue. C'est un endroit très couru, chacun semble s'y rendre, aujourd'hui.
...
- Sommes-nous perdus?
- Oui, dit la Tortue en hochant la tête. Cela fait partie du chemin En-avant"

L'ours va-t-il se trouver lui-même? Va-t-il trouver son chez-lui quelque part En-avant? Et si oui, que va-t-il voir en se regardant pour la première fois dans un miroir? Moi, j'ai confiance, parce que, cet ours-là, je le trouve gentil, heureux et très beau!


"Tête de mule"

Tête de mule, Oyvind Torseter, 
éd. La Joie de lire, dès 6 ans.


Qu'est-ce que c'est que cet album? Bel ouvrage, dos toilé, impression dorée sur la couverture... J'ouvre, feuillette... Houlà! , beaucoup de noir, sombre, bizarre... Ouuuh, il fait peur lui, cauchemar, tête de mort, ongles crochus! C'est pas un album jeunesse, ça! Et puis, j'ai lu... Et bien, c'est très bon! Il s'agit d'un conte, un vrai, à l'ancienne. Le conte parle de quête, de rite de passage, d'épreuves, de peur, d'énigmes à résoudre, de dépassement de soi et d'amour. Depuis Carl Gustav Yung,  Marie-Louise von Franz. et  Bruno Bettelheim, nous savons que, sous forme d’images symboliques, le conte aide l'enfant en le préparant aux différentes phases de son évolution, en l'encourageant à comprendre les interdits, à affronter ses peurs, à opérer des changements intérieurs. 

Dans Tête de Mule, on retrouve plusieurs éléments présents dans la plupart des contes. Un roi solitaire dont les six fils ainés sont partis chercher des épouses et ne sont jamais revenus. Le roi garde près de lui le plus jeune, Tête de Mule, qu'il a peur de perdre à son tour. Mais ce dernier part à la recherche de ses frères avec l'aide d'un vieux canasson peureux. 
En chemin, il trouve des objets et rend des services qui lui permettront de surmonter les épreuves finales, il affronte un loup en faisant preuve de malice. Il trouve une grotte devant laquelle ses frères et leurs épouses sont changés en pierre. Pour les libérer, il devra affronter l'horrible troll qui y habite et retient prisonnière une princesse. 
Pour convaincre le troll, il n'y a qu'une solution: trouver son coeur qu'il a caché quelque part hors de sa poitrine et le détruire ou plutôt le transformer en quelque chose de positif . Pour cela le héros devra faire preuve de réflexion, de générosité et faire appel à ses amis.


Ici aussi, le héros incarne l’action, la mise en œuvre du changement et tout comme dans ces innombrables histoires où le jeune héros se montre plus malin que le monstre (géant, troll, ogre), Tête de Mule montre aux enfants que même si on est riquiqui, et bien, en se servant de son intelligence et de son esprit pratique, il est possible de se sortir des difficultés de la vie. 

Le plus de ce conte-ci, ce sont les petites touches d'humour et c'est la princesse qui n'est ni passive ni conventionnelle. C'est  une jeune fille qui fait preuve de ruse, décide, réfléchit, aide le héros parcequ'elle l'a choisi. Une belle part féminine indispensable. 

"Fritzi et la chaussure enragée"

Fritzi et la chaussure enragée
Catharina Valckx, éd. L'école des loisirs, dès 3 ans.


Bon, déjà, rien que le titre, ça fait marrer! Et puis, les personnages: le mini éléphant Popote qui part en grande randonnée, la limace Joëlle qui n'a pas de maison mais deux chaises dont une pour les invités et puis cette sale chaussure enragée bien sûr! Popote est en danger, appelons la police! La police est malade, elle envoie le boulanger... Je crois que Catharina Valckx n'est pas toute seule dans sa tête... pour le plus grand bonheur de nos zigomatiques!


"Le mystère"

Le mystère, Rebecca Cobb, 
éd. NordSud, dès 3 ans.


Rebecca Cobb... À table!, c'est elle, Tante Amélie, c'est elle, Au revoir maman, c'est elle... rien que des coups de coeur! Une patte toute personnelle, une douce maladresse dans le trait qui nous le rend enfantin, une tendresse teintée d'humour, un attachement certain au monde de la petite enfance.
"Sous le cerisier du jardin, il y a un petit trou. On l'a trouvé le jour où j'ai lancé ma balle et qu'elle n'est pas revenue." Ainsi commence l'album. Qu'y a-t-il dans ce trou? Mystère! Un petit garçon s'interroge et au fil des saisons, chacun y va de son hypothèse, papa, maman, soeurette, les copains, papi, mamie et même le chien. Est-ce une famille de souris, une équipe de grenouilles, un troll, un renard, un serpent, un dragon, une taupe ou un blaireau? Mystère... Et toi? tu crois quoi?

"Koi ke bzzz?"

Koi ke bzzz?, Carson Ellis,
éd. Hélium, dès 3 ans.


Bon, je suis extra fan! D'ailleurs, il est dans ma bibliothèque! Allez, venez, ... non, plus près! Encore... Voilà, vous voyez ce qui se passe à hauteur de vos pieds? Un brin de vie au sein du monde des insectes. Une petite pousse toute verte, toute tendre est sortie de terre. "Koi ke bzzz?" se demande monsieur Demoiselle, "Za zu pat!" avoue sa dame.


Nous sommes au sortir de l'hiver, la pousse grandit, les enfants insectes y construisent un fort avec l'aide de Gluiky, le mille patte qui habite dans la souche. Alors qu'ils jouent, une araignée surgit et assiège la cabane! "VOOBECK, VA TONK!" crient les enfants. Et puis, c'est le drame car l'oiseau affamé est passé! On dirait que quelque chose aparaît au sommet de la plante... c'est "unk turlitiboot"! Tous les insectes s'extasient.


Mais, le temps passe, la fleur fâne, la plante se meurt, la roue des saisons a fait un tour complet... La chenille qui s'était accrochée à la blanche est devenue cocon puis nymphe et la voici qui s'éveille papillon de nuit sous la mélodie du grillon. Il ne reste plus que la neige au pays des petits.... Jusqu'à ce que de petites pousses sortent de terre... "Koi ke bzzz?"
Un album complet en langage insecte, aux détails délicats qui invitent l'enfant à s'intéresser aux petits drames de nos jardins, au passage du temps, à la vie et à la mort comme cycle naturel. Une pépite pour l'auteur du très beau Chez nous.


Ps: je conseille au conteur de s'exercer quelque fois avant de lire l'album à l'enfant pour se familiariser au langage entomologiste et donner aux dialogues la bonne intonation!

"La Grande Forêt"

La Grande Forêt - Le Pays des Chintiens
Anne Brouillard, éd. Pastel, dès 6 ans.



L'album s'ouvre sur une carte. On y voit une sorte de continent formé de plusieurs pays. C'est la Chintia. Il y a beaucoup de pays en Chintia: le Pays glacé et le Pays lointain au Nord, puis le Pays disparu, le Pays des montagnes bleues, le Pays humide et le petit Pays du lac tranquille, le pays des châteaux et tout au Sud, le Pays désert et le Pays Comici. Tous ces pays sont entourés de la Mer de l'Ouest et de la Mer de l'Est dans laquelle se trouvent le Pays noyé et le Pays morcelé des îles. 
À ce stade, notre âme d'aventurier s'est réveillée!
Juste après la page de titre, une autre carte nous attend, plus détaillée, celle de la région Nord-Est du Pays du lac tranquille. On y voit des sentiers, des gares, des forêts, des marécages, un laboratoire, le lac bien sûr et des maisons dont le nom des habitants émoustille notre curiosité: chez Kwé et Kwé, chez le chat Mystère, chez Killiok, chez le chat Miroir, chez Véronica...


Ça y est, on est pris! On est prêt pour une chasse au trésor ou pour résoudre des mystères et affronter des dangers! Allez, à vos boussoles, tente, sac à dos et cafetière, et en route pour l'aventure!
Anne Brouillard nous entraîne dans un monde inventé délicieusement possible, loufoque et mystérieux peuplé de personnages qui ne sont pas sans nous évoquer ceux de Tove Jansson (d'ailleurs, Killiok ressemble fort à un Moomin malgré sa couleur noire), de Mélanie Rutten ou de Kitty Crowther: un mélange d'humains et d'animaux voire même d'êtres hybrides comme les bébés mousse.
En suivant Killiok et Véronica à la recherche de leur ami le magicien Vari Tchésou au sein de la Grande Forêt (encore une carte!), nous croisons fugacement des êtres insolites comme les jumeaux qui poussent leur énorme autographie sur roulette en pleine forêt ou le garçon à lunettes qui vole grâce à un fouet à manivelle qui change l'air en nuage crémeux, sans parler de Suzy, la jument blanche qui prend le train (tout à fait normal!).
L'histoire est divisée en huit chapitres (facile pour faire des pauses dans la lecture) et alterne texte illustré et bande dessinée. 




Finalement, le magicien n'était pas loin, les bébés mousse seront sauvés par nos amis et pourront retourner à dos de Suzy chez eux au Pays humide.
Une plongée merveilleuse dans un univers propre à Anne Brouillard, entre réalité inventée, normalité absurde et poésie mystérieuse. À quand la prochaine aventure au Pays des Chintiens?


Congés de début d'année 2017


2017, année joliette!

Début d'année en rimes

2017 pour les fillettes joliettes,


2017 pour les loups et les chevrettes,




2017 pour les histoires et les amusettes,


et... 2107 pour les indiens pleins de plumettes!